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Formation
Du cognitivisme au constructivisme en éducation
Par Alex Grenon, 13 septembre 2007
Chaque époque voit naitre sa réforme de l'éducation. L'école devient le théâtre d'une lutte entre les valeurs et la science des uns et des autres. Ces dernières décennies, deux courants majeurs en sciences de l'éducation auront successivement assumé un leadership réformateur : le cognitivisme puis le constructivisme.
En l'an 800, Charlemagne est sacré empereur de l'Occident. Cependant, des siècles s'écouleront avant que son idée d'une instruction obligatoire ne devienne la règle. Cet idéal ne fait plus aucun doute dans nos sociétés et une éducation sans fréquentation scolaire est devenue impensable. La résurgence constante de débats sur la crise de l'éducation témoigne du rôle important de l'école dans nos sociétés.
Indépendamment des enjeux idéologiques, le mouvement d'une société contraint tôt ou tard l'école à modifier son enseignement. Dans les décennies 70 et 80, le cognitivisme, dont l'objet est la modélisation des processus d'acquisition des connaissances, a fortement influencé les sciences de l'éducation. Depuis, l'étudiant est devenu un apprenant.
L'approche cognitive a pour objet de cerner des modèles de traitement de l'information. Selon son type, une pensée s'inscrit dans la chaine d'un certain nombre d'opérations identiques chez les individus. Pour pallier à la rigidité des modèles, et aux trop nombreuses exceptions observées, le constructivisme se présente aujourd'hui comme le nouveau courant réformateur.
Si le cognitivisme emprunte ses modèles à l'informatique, et correspond au développement initial de celle-ci, nous pouvons dire du constructivisme qu'il correspond au développement de la puissance en informatique, lequel aura rendu possible l'interactivité. Le constructivisme admet une non linéarité dans le traitement de l'information.
Selon le constructivisme, seul le fonctionnement de l'intelligence serait héréditaire. Puisqu'il n'existe pas de structures cognitives innées, la connaissance ne peut être le résultat que d'un constructivisme, c'est-à-dire d'un examen critique par le sujet de ses connaissances actuelles et de ses expériences engendrant une élaboration continuelle d'opérations et de structures nouvelles.
Phénomène occidental, l'implantation de réformes du constructivisme fait fi du conservatisme d'un électorat vieillissant et du conformisme de la nouvelle génération parentale, conséquence de sa position minoritaire au sein de nos sociétés. Voilà une simplification de la réalité citoyenne occidentale, mais reconnaissons néanmoins que nombreux sont les gens prônant un retour aux valeurs sures et aux méthodes ayant fait leur preuve.
À côté de cet appel à une correspondance accrue des compétences de l'étudiant aux exigences sociales et économiques de l'époque, rappelons que cognitivisme et constructivisme mesurent la réussite scolaire de l'apprenant au développement de ses capacités cognitives. Dans ces théories, les capacités cognitives sont un fait biologique. Ces capacités sont mesurées selon des modèles ou des critères de traitement de l'information jugés les meilleurs.
En dépit de leur opposition, le citoyen conservateur de même que l'un ou l'autre réformateur identifié ici inscrivent leurs exigences à l'intérieur d'une référence à la biologie. La capacité qu'a chacun à penser et à conceptualiser, au-delà de la réalité des choses, ne se résume pas à un caprice du sujet subjectif mais renvoie à la notion de l'être.