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Formation

Itération et formation en emploi

Par Alex Grenon, 15 octobre 2007. Dernière révision : 12 février 2009

La volonté des organisations de maintenir une productivité élevée décourage le recours à l'itération. Tout au plus, elles admettent cette méthode de résolution de problème par approximations successives dans un contexte de formation.

Si l'école parvient à se constituer comme un lieu et un moment isolé dans la vie de nos sociétés, la formation en entreprise possède un caractère plus dynamique. En emploi, la formation est le plus souvent simultanée à d’autres tâches devant être menées de front. La précarité d'une situation d'apprentissage ou de nouveauté y est donc amplifiée.

Lorsqu'une personne est appelée à accomplir une tâche, à réaliser un projet ou à entreprendre une formation d’une nature nouvelle pour elle, il n'est pas rare de l'entendre défendre ses hésitations d'un : « Moi, j'apprends de manière itérative ». Nous pouvons présumer que la prochaine fois cette personne saura mieux s'organiser. Le processus qu'elle suivra sera infiniment plus logique et linéaire.

Dans sa volonté de linéariser le travail, l'organisation n'a-t-elle pas raison finalement ? N'est-ce pas ce que notre prochaine fois laisse entendre ? Pourtant que des gens avec des besoins et des styles d’apprentissage différents invoquent la même excuse itérative traduit une réalité significative.

Définition de l'itération

Telle que nous la simplifions, l’itération est définie comme un voyage continu entre la théorie et la pratique. Tantôt il s'agit de réaliser davantage du résultat visé jusqu’à multiplier les impasses pratiques, tantôt d'incorporer de nouvelles connaissances théoriques ou conceptuelles afin de dépasser nos difficultés sur le terrain.

Puiser des bases conceptuelles dans de nouvelles connaissances théoriques conduit à une visualisation du projet. Puis la réalisation est à nouveau l’objet d’enrichissements prenant en compte la complexité du réel, parfois au point de défaire la clarté de l’image conceptuelle. Une reconstruction du modèle structurant est alors recherchée.

J'ai qualifié ailleurs de passeur l'apprenant à l'aise dans le connu, préférant appuyer sa démarche sur des bases solides notamment théoriques, et de passager le découvreur, celui pour qui la nouvelle connaissance appartient à un ailleurs, lequel est appréhendé par l'action.

Parlant d'un voyage, d'une traversée, le passeur aura pris soin de se documenter avant son départ. La passager préférera partir à l'aventure, considérant celle-ci comme un ailleurs qu'il saura habiter.

Un type domine chez chacun, bien que nous naviguons tous sur un axe passeur-passager. Selon notre niveau de maitrise vis-à-vis du projet abordé, notre position diffère. Tôt ou tard, le passager incorpore des éléments théoriques à son projet et le passeur met en pratique sa théorie.

L’écart itératif, non performant vis-à-vis de la norme, n'a rien d'anarchique. Confronté à une difficulté, et obsédé par l’atteinte d’un objectif, la personne ne fait autre chose que de rechercher une solution. Il convient d'optimiser cette oscillation entre les deux pôles, non de trancher en faveur de l'un ou de l'autre.

Conclusion

L'itération ne se limite pas aux moments de l'apprentissage. La formation n'est qu'un processus de changement parmi d'autres. Plutôt que de refuser la réalité itérative telle qu'elle se pratique tous les jours dans les organisations, nous devrions rechercher à optimiser l'oscillation naturelle entre les pôles.

L'analyse de la performance itérative doit porter sur le double mouvement identifié. D'une part, ce mouvement est interne, soit l'oscillation de l'employé entre les pôles passeur et passager. D'autre part, il est externe, soit le mouvement progressif vers la cible à atteindre.

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