Image colonne navigation

Penser le vivre ensemble
Bienvenue sur mon site !

Consulter par catégories

Rechercher sur éducation

Image colonne formation

Formation

La réforme de l'éducation

Par Alex Grenon, 13 septembre 2007. Dernière révision : 16 juin 2008

Le Québec, suivant en cela la Finlande et la Suisse romande, s'est engagé dans une réforme scolaire de type socio-constructiviste. Alors que les Suisses ont rejeté l'expérience par un référendum tenu en 2007, le chroniqueur Pierre Foglia du journal La Presse doute qu'un désaveu similaire ne survienne au Québec.

Il n'y a jamais de débat public sur la réforme. Que des orages. Un gros nuage noir apparait soudain, ça tonne de partout, les éclairs, la foudre fait une victime plus ou moins innocente et puis c'est fini. Un beau ciel bleu. La réforme, imperturbable, continue. [1]

En Suisse romande, le comité de l'Association Refaire L'École (ARLE) a dénoncé « la confiscation de la vision pédagogique par le socio-constructivisme [...] devenue une pensée pédagogique unique qui s'articule autour du slogan : mettre l'élève au centre ». [2]

Selon le comité de l'ARLE, depuis dix ans, les transformations de la société et de la jeunesse sert de prétexte à une baisse des exigences. Les parents sont inquiets, ils sont de plus en plus à opter pour l'école privée. L'inquiétude porte également sur les méthodes nouvelles :

  • À l'acquisition de compétences supposées universelles, c'est-à-dire pouvant s'appliquer indifféremment à toutes les disciplines, quelles que soient leurs spécificités (c'est le fameux apprendre à apprendre) ;
  • À la valorisation des savoir-faire au détriment des savoirs tout court ;
  • Au socio-constructivisme, où l'élève est censé construire son savoir en allant du complexe au simple, malgré les enquêtes internationales démontrant l'inefficacité de cette démarche et sa nocivité pour les élèves en difficulté.

La nouvelle école « qui milite plus qu'elle n'instruit » serait une « école beaucoup plus élitiste que l'école républicaine : les enfants d'origine socioculturelle modeste y ont beaucoup moins de chances de prendre l'ascenseur social ». [3]

Le socio-constructivisme réduit les problèmes, intellectuels, sociaux, culturels ou scientifiques, à la seule dimension sociale. Les enfants des milieux défavorisés n'y acquièrent que difficilement les savoirs de base « sans lesquels aucune réussite scolaire n'est possible », ajoute le comité.

Haro au décrochage scolaire

Au Québec, la réforme a été entreprise au vu du fort taux de décrochage dans le secondaire. Une pédagogie de la découverte et l'approche par le projet ont été choisi comme moyens de le contrer, notamment en plaçant l'élève au centre de son apprentissage.

Les approches constructivistes sont des processus « délicats à utiliser car [ils] demandent parfois à l'enseignant de mettre à plat les programmes pour trouver les concepts qui ne se superposent pas toujours avec les titres des différents chapitres ». [4] Ces approches mettent en place des processus longs et complexes.

Trop souvent, on met les élèves en situation de découverte alors qu'ils ne possèdent pas les connaissances nécessaires pour réaliser cette découverte. Dans ce processus, ils vont apprendre des erreurs dont le professeur n'a pas conscience immédiatement et qui vont se cristalliser. [5]

Clermont Gauthier, chercheur à l'université de Laval et titulaire de la chaire de recherche du Canada en formation à l'enseignement, rapporte également :

Nous avons constaté dans nos recherches que des approches moins structurées, comme cette pédagogie dit « de la découverte », semblent entrainer de moins bons résultats scolaires que des approches plus structurées, où l'enseignement est explicite, organisé et fonctionne du simple au complexe. [6]

Les pédagogies de la découverte mettent les élèves face à des projets qu'ils ne peuvent appréhender, car ils n'ont pas les bases suffisantes. Le débat ne concerne pas que les spécialistes. C'est le rôle de l'école qui est disputé, une tradition affirmant que l'école est centrée sur la transmission des connaissances.

Une attitude qui recule sur le principe d'un accès de base à la culture pour l'ensemble de la population conduit à ce que l'école renforce les divisions et les discriminations sociales.

  1. Foglia, Pierre. Le savoir-faire, La Presse, 14 juin 2007, p. A5.
  2. Comité de l'ARLE. Les deux écoles : l'école républicaine et l'école idéologique. Juin 2005. Sur www.arle.ch, janvier 2008.
  3. Ibid.
  4. De Vecchi, Gérard. Aider les élèves à apprendre. Hachette éducation, Paris, 2007.
  5. Willa, Blaise. L'école doit être efficace. Le matin, 7 mai 2005. Sur www.arle.ch, janvier 2008.
  6. Ibid.
  • Retour à l'Index Formation