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Formation
Un ordinateur par étudiant : la fin ?
Par Alex Grenon, 30 aout 2007. Dernière révision : 7 juin 2008
Des écoles, parfois après plus de dix ans d'essai, abandonnent leur programme un ordinateur portable par étudiant, appelé aussi programme un pour un. Encore une fois, des enseignants sont pris à parti dans un débat qu'ils ne peuvent trancher.
L'introduction de l'ordinateur en classe a longtemps été vu comme un incontournable pour préparer les jeunes au monde de la technologie et de la nouvelle économie ; endosser une logique de l'apprendre en misant sur l'autonomie, l'innovation et la communication ; et accroitre les réalisations en classe.
Depuis que le recours aux nouvelles technologies s'est démocratisé en Occident – qu'il s'agisse de l'utilisation de téléphones cellulaires ou de lecteurs mp3 toujours plus complexes – l'accès à la technologie n'est plus l'apanage de l'ordinateur. Par ailleurs, plusieurs écoles ont des laboratoires informatiques ou négocient l'accès aux ressources des bibliothèques publiques.
Des résultats mitigés
Les études les plus importantes réalisées jusqu'à maintenant ne démontrent aucun gain substantiel des programmes un pour un sur la performance et les réalisations académiques. Cette unanimité est cependant mise en doute par les promoteurs de projets un portable par étudiant.
On évoque la difficulté d'incorporer l'apprendre à apprendre dans la mesure des performances scolaires. Ce rôle de l'ordinateur, l'apprendre à apprendre, constitue dorénavant le seul argument « tangible » à l'utilisation par chacun de l'ordinateur en classe.
Internet en classe
Dans l'optique d'un programme axé sur l'autonomie, la curiosité et la découverte, l'accès à internet ne peut être exagérément limité, sous peine de ramener l'outil technologique au rang « d'un outil comme les autres ». Les étudiants se désintéressent alors de l'ordinateur rapidement...
L'expérience démontre que l'utilisation en classe de l'ordinateur représente une source de distraction importante. Le recours à internet ne sert pas qu'à alimenter les discussions en fouillant sur Wikipédia, mais à lire ses emails, à joindre ses relations par messagerie instantanée, etc.
C'est pour mettre fin aux distractions indues par l'ordinateur, recentrer la participation et la communication sur le groupe, que des professeurs choisissent de se dissocier d'un programme un pour un en vigueur dans leur école. Dans ces cas, les professeurs rapportent une amélioration notable de la communication et de la participation aux discussions dans la classe.
Conclusion
Les tenants des programmes un ordinateur par étudiant n'hésitent pas à faire porter l'odieux d'un échec sur les épaules des professeurs dissidents. L'argument est un peu court. Sauf exception, les enseignants ne sont pas des technophobes, ils utilisent l'ordinateur dans leur travail et à la maison.
Du reste, si des enseignants se retirent d'un programme un pour un, la décision d'interrompre un tel programme à l'échelle d'une école leur appartient rarement. Cela vaut aussi pour l'implantation de ces programmes. Les enseignants sont rarement impliqués dans la décision d'implanter ou non un programme un pour un.
Pire, lorsque vient le temps d'implanter ce type de programme, les administrateurs étudient rarement l'opportunité d'investir l'argent ailleurs, dans un meilleur fond bibliothécaire, une meilleure aide aux devoirs, etc. Des années plus tard, de plus en plus de ces administrateurs évoquent le cout de fonctionnement élevé d'un programme un pour un, notamment de l'entretien et des réparations, et mettent fin à l'expérience.