Penser le vivre ensemble
Bienvenue sur mon site !
Philosophie politique
Thomas d'Aquin et la scolastique
Par Alex Grenon, 8 novembre 2007. Dernière mise à jour : 7 janvier 2009
Au Moyen Âge, la philosophie, c'est la scolastique dont le but est de concilier la foi et la raison. Thomas d'Aquin (1225-1274) est l'un des plus illustres représentant de la scolastique.
La philosophie du Moyen Âge est fortement liée à la religion. Après le onzième siècle, la redécouverte de la philosophie grecque conduit à la scolastique, laquelle fut une tentative philosophique de concilier la philosophie antique avec la théologie chrétienne.
C'est surtout à travers le monde arabe que l'Occident a renoué avec le corpus philosophique grec, dont la source s'était tarie. La réflexion sur les idées avancées par Aristote (384-322 av. J.-C.), telles que la substance et l'être comme étant, n'a pas progressé pendant des siècles. Le Moyen Âge mettra en place les fondements de la philosophie chrétienne et du droit canonique.
La scolastique et l'héritage de la Grèce
Les scolastiques médiévaux, en particulier Thomas d'Aquin, ont construit une philosophie chrétienne plus systématique. Ils doivent beaucoup à Augustin (354-430), un penseur de transition.
D'Aquin remplace le dualisme platonicien d'Augustin (le corps et l'âme, les sens et l'intelligence, le monde empirique et la réalité transcendante) par une métaphysique plus naturaliste inspirée d'Aristote. [1]
Thomas d'Aquin a étudié sous Albert le Grand (1200-1280), lequel « a commencé ce qu'a continué d'Aquin : la réception d'Aristote dans la philosophie occidentale » [2]. D'Aquin est surtout connu pour sa Somme théologique. Associé à Aristote, il est néanmoins crédité d'avoir pris un juste milieu entre les extrêmes de son époque :
- Le platonisme d'Augustin et, dans une certaine mesure, des partisans d'Avicenne (980-1037) comme Robert Grosseteste (1165-1253) et Bonaventure (1221-1274) ;
- Les défenseurs d'Averroès (1126-1198) comme Siger de Brabant (1240-1285), et Boèce de Dacie (~ 1275) qui a tenté de suivre Aristote en toute fidélité.
La tâche commune était de concilier l'idéal abstrait de l'Antiquité classique, la croyance juive dans l'histoire sacrée et le Nouveau Testament, doctrine de l'incarnation de Dieu en Jésus ; de concilier la foi et la raison.
Révélation, foi et raison
Thomas d'Aquin a tenu une position intéressante sur la révélation : sans révélation, seul un petit nombre de gens auraient saisi le vérité de l'existence de Dieu. Par ailleurs, d'Aquin a été le premier penseur médiéval à valoriser l'État.
Pour Thomas d'Aquin, « la raison, utilisée à juste titre, ne pourra jamais mener à découvrir quoi que ce soit de contraire à la foi, puisque les deux, la raison et la foi, contiennent la vérité » [3]. S'il est possible qu'une argumentation rationnelle ne puisse prouver une position tenue de la révélation, ce même argument ne peut non plus être concluant contre la foi chrétienne.
Dans son ontologie, Thomas d'Aquin trace une distinction entre l'être d'une chose (essentia, essence) et le fait de son existence :
D'Aquin insiste sur la distinction réelle entre essence et existence : cet homme ou cette pierre pourrait ne pas avoir existé, ne laissant rien sur le genre de chose signifiant que cela doit être en fait. [4]
Pour Dieu, l'essence et l'existence sont identifiés : ce que Dieu est, c'est devoir être. Dieu est l'existence pure. Toujours selon Thomas d'Aquin, l'existence de Dieu explique celle de l'homme. L'essence seule ne définit pas l'être comme étant.
Conclusion
La réflexion engagée par Aristote n'était pas complète. La métaphysique d'Aristote appelait quelque chose pour sa réalisation – en supposant qu'une métaphysique puisse jamais être totale. La philosophie chrétienne du Moyen Âge, à l'instar des philosophies judaïque et islamique, ne peut être interprétée comme une tentative de clore la philosophie antique, notamment aristotélicienne.
- Le Moyen Âge va de la chute de l'empire romain d'Occident, en 476, à la Renaissance, laquelle s'étend de l'Italie à l'Europe du Nord, du XIVe au XVIIe siècles.
- Bonaventure a fondé l'ordre des Franciscains. Albert le Grand, Thomas d'Aquin et Boèce de Dacia étaient des Dominicains.
- Siger de Brabant et Boèce de Dacia ont été accusés de maintenir une doctrine de « deux vérités » : une religieuse et une philosophique.
- Haldane, John. Augustine In: Dictionary of Philosophy. Second Edition. Penguin Books London, 2005, p. 57.
- Dictionary of Philosophy. Second Edition. Penguin Books London, 2005, p. 13.
- Marenbon, John. Aquinas In: Dictionary of Philosophy. Second Edition. Penguin Books London, 2005, p. 38.
- Ibid, p. 39.