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Vie moderne

Au secours des aidants naturels

Par Alex Grenon, 7 aout 2007

De jeunes retraités se transforment en infirmiers auprès de leurs parents : vieillir au Québec n'est plus ce que c'était. Avec le vieillissement de la population et l'accroissement de l'espérance de vie, c'est tout l'équilibre des soins aux ainés qui doit être revu.

Il y a plus de quinze ans, le Centre de jour du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Rouyn-Noranda ajoutait Carrefour-Repas et Journée de répit à son offre de services. L'objectif premier de ces deux activités consiste à offrir du répit aux aidants naturels. « Les programmes de prévention ne sont pas les plus couteux et ils ont une bonne incidence sur les aidants naturels dont nous voulons éviter l'épuisement », explique M. Guylain Barrette, responsable du Centre de jour.

En organisant des activités de socialisation pour les personnes en perte d'autonomie, le Centre de jour donne congé aux parents et aux amis de ces personnes une à deux fois par semaine. Les activités varient selon la clientèle, mais comprennent toujours un repas. La prise en charge inclut également le transport.

S'appuyant sur l'expertise de professionnels de la santé, le Centre de jour propose des activités adaptées aux personnes en perte d'autonomie. Ces personnes habitent encore dans leur domicile ou dans une résidence privée pour l'hébergement de personnes autonomes.

Du vieillissement à la maladie d'Alzheimer

Deux fois par semaine, Carrefour-Repas permet aux personnes âgées en perte d'autonomie de briser leur isolement et de socialiser avec des personnes dans la même situation. L'activité accorde un répit d'une demi-journée, chaque fois, aux aidants naturels. Chaque rencontre fait l'objet d'une animation soutenue et des exercices physiques adaptés à l'état de santé des participants sont exécutés. La moyenne d'âge est de 82 ans.

Si Carrefour-Repas rejoint une clientèle dont la perte d'autonomie n'est attribuable qu'au vieillissement, Journée de répit rejoint une clientèle autrement plus lourde : les personnes âgées aux stades précoce et intermédiaire de la maladie d'Alzheimer. Outre le fait d'offrir un répit aux aidants naturels, ces journées permettent aux personnes atteintes de la maladie de socialiser avec leurs semblables, d'utiliser leurs capacités résiduelles et de maintenir l'estime d'elles-mêmes.

Le programme Journée de répit est offert trois jours par semaine, chaque journée ayant sa spécificité : répit social, dépannage et stimulation cognitive. « Les gens sont dirigés vers ce programme par le Service de soutien à domicile, leurs familles ou autres », explique Mme Isabelle Cliche, technicienne en loisirs et responsable de l'animation des journées.

La stimulation cognitive est susceptible de rejoindre le plus grand nombre. Le groupe est scindé en deux selon la phase de la maladie, d'initiale à intermédiaire. Au-delà, les gens ne sont plus autonomes. Les journées offrent un répit de 5 heures aux familles et amis. Pour les participants, elles débutent par une période de détente, laquelle permet la socialisation, et se poursuivent avec une activité mettant à contribution la mémoire. Un diner suit.

Aller vers la clientèle

« Les besoins ont changé. Maintenant les centres d'hébergement n'admettent que les gens en dernière phase », rappelle Mme Isabelle Cliche. Les professionnels de l'établissement ont décidé qu'il fallait rejoindre autrement les personnes en perte d'autonomie. Plusieurs programmes ont été développés à cette fin.

Les projets Carrefour-Repas et Journée de répit se distinguent par le temps d'arrêt qu'ils accordent aux aidants naturels. « Il faut éviter l'épuisement des aidants naturels, sinon ils ne pourront prendre en charge les leurs aussi longtemps que souhaité », explique M. Alain Poirier, chef de l'administration des programmes. En pareil cas, les personnes en perte d'autonomie, retirées de leur milieu de vie, en souffriront autant que leurs proches.

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