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Vie moderne

Des mariages qui durent

Par Alex Grenon, 15 octobre 2007. Dernière révision : 27 juin 2008

Les mariages durent, les enfants grandissent... Alors que la majorité des unions échouent, nous rangeons les unions qui survivent dans les domaines de la chance ou, plus malicieusement, celui d'une appartenance à la droite religieuse et contraignante.

Il faut croire que les unions malheureuses ne pèsent pas lourd dans les statistiques : la vie conjugale et l'amitié sont de meilleurs prédicteurs de survie des individus que l'usage du tabac, la consommation d'alcool, l'obésité ou l'activité physique.

Comment accéder à ce nirvana de bonheur et de longévité ? Selon les chercheurs Catherine Bégin et Stéphane Sabourin, la satisfaction conjugale et la stabilité d'une union dépend, notamment, de certains traits de personnalité.

La satisfaction conjugale

L'étude Survie des couples et satisfaction conjugale de Bégin et Sabourin a démontré que la satisfaction conjugale est un facteur déterminant de la stabilité des couples. L'intensité de ce lien n'avait jamais été établi avec certitude auparavant.

Sur la base d'une recherche longitudinale de trois ans, les nouveaux couples insatisfaits présentent un risque de rupture de 50 %, contre 10 % chez les « satisfaits », conjoints de faits ou mariés combinés.

Nous avons constaté, par ailleurs, que les conjoints de fait sont moins engagés dans leur relation que les gens mariés, qu'ils sont plus insatisfaits et plus instables. [...] Si le risque de rupture n'est pas le même pour les couples mariés et pour les conjoints de fait, il se profile toutefois de la même manière.

Gérer les différents

Satisfaction conjugale ne signifie pas absence de tout désaccord. C'est ici qu'entre en ligne de compte l'étude des traits de personnalité.

Une trop grande sensibilité et une propension à réagir vivement à tout, ou névrotisme, cause une importante chute de la satisfaction chez les conjoints. Dans l'étude sur la survie des couples, le névrotisme chez la femme est le seul trait de personnalité influant négativement à la fois sur la satisfaction conjugale et sur la stabilité du couple.

L'explication généralement retenue est celle voulant que les gens névrotiques ont des difficultés à gérer les différents. Ils engagent plus fréquemment des discussions houleuses avec leurs conjoints ou conjointes.

Un engagement de type anxieux/ambivalent a également une incidence négative significative sur la satisfaction conjugale. Dans ce type d'engagement, l'un des partenaires a sans cesse besoin d'être rassuré, minant la confiance de l'autre à y parvenir.

Conclusion

Contrairement à l'idée reçue, les facteurs socioéconomiques tels que l'âge et le revenu n'ont pas d'incidence directe sur le taux de satisfaction. La durée d'une union dépend essentiellement de traits de caractères. Ceux-ci sont souvent hérités de notre milieu familial. Voilà qui pourrait expliquer la fréquence ou non des séparations et des divorces au sein d'une fratrie.

  1. Bégin, Catherine et Sabourin, Stéphane. Survie des couples et satisfaction conjugale. Université Laval In : Découvrir, volume 22, numéro 1, novembre-décembre 2001.
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