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Vie moderne
Le testament de vie
Par Alex Grenon, 17 septembre 2007
J'ai une grand-mère qui a attendu vingt ans que « Dieu vienne la chercher », comme elle disait. Si ce texte a été écrit dans un café, je me suis abstenu d'aller au Salon b, rue Saint-Laurent, annexe d'un salon funéraire. C'est pour répondre au besoin de préparer sa mort que l'Hôpital général juif Sir Mortimer B. Davis propose un testament biologique.
Si l'Hôpital général juif de Montréal (HGJ) a conçu un testament de vie, parfois appelé biologique, incluant un guide de conduite et un lexique médical, c'est pour répondre à la demande de sa clientèle. L'ensemble de la documentation de l'HGJ a pour but de soutenir la réflexion et la prise de décision concernant les traitements de fin de vie d'une personne, y compris ceux qui la maintiendraient en vie par des moyens artificiels.
Il ne s'agit aucunement de suicide assisté. Le testament de vie de l'HGJ traite des états végétatifs irréversibles, alors qu'un ou plusieurs organes vitaux – reins, coeur, poumons – n'assume plus sa fonction sans un appareillage externe.
Le sujet manque de sex-appeal, j'en conviens. Alléger le fardeau de leur famille est d'ailleurs la première motivation des personnes qui rédigent leur testament de vie, confirme le Dr Micheal Dworkind, directeur associé au Centre de médecine familiale Herzl de l'HGJ. Vient ensuite l'assurance que leur famille et le personnel médical feront ce qu'ils ont souhaité.
En rédigeant son testament de vie, la personne informe son médecin et sa famille sur les traitements qu'elle désire recevoir ou non. Cette personne désigne un mandataire, lequel est informé des sentiments et des valeurs ayant motivé la rédaction de son testament. En cas de maladie grave et d'inaptitude, le mandataire est alors habilité à prendre les décisions médicales les plus respectueuses.
Faire connaitre ses volontés
C'est pour répondre aux souhaits répétés de patients que le comité de bio-éthique de l'Hôpital général juif formait, il y a cinq ans, un comité de travail chargé du développement d'un testament de vie. « Les testaments de vie étaient très peu utilisés à l'époque, et lorsqu'ils l'étaient, l'équipe de soin ne le savait pas », explique la Dre Sylvia Windholz, médecin au service de gériatrie de l'HGJ et membre du comité de travail.
Qu'il s'agisse des soins de fin de vie, des obsèques ou de l'héritage, il est important de bien faire connaitre ses intentions. Au niveau des soins, le testament de vie facilite les échanges entre le médecin soignant et le mandataire. « Souvent, les membres de la famille se souviennent vaguement des désirs exprimés par leur proche » rappelle la Dre Sylvia Windholz.
Conclusion
Après le décès de sa soeur, ma grand-mère a révisé ses pré-arrangements funéraires afin d'inclure un buffet suite à la cérémonie religieuse, comme il est (était) de coutume chez les catholiques du Québec. J'ignore si cette exigence a pour but de forcer le respect d'une tradition ou seulement de décharger la famille du fardeau d'une réception improvisée. Comme quoi, dans notre société libre et éclatée, entre tradition et modernité, le respect des sentiments et des valeurs des défunts ne peut-être laissé au seul hasard.
- L'Hôpital général juif Sir Mortimer B. Davis à www.jgh.ca
- Alfred Dallaire – Memoria à www.memoria.ca